U-he Hive

En 2001, U-he (pour Urs Heckmann, son fondateur) fait son apparition sur la toile parmi les éditeurs de synthé virtuels et d’effets audios. Très vite, la petite structure de l’époque élargit son succès grâce à la présence capitale de son fondateur parmi la communauté d’utilisateurs d’une part et par la pertinence de leurs développements d’autres part. Comment faire un article sur U-he sans citer les excellents effets, Uhbik & Satin par exemple, ou les majestueux synthés Ace & Zebra, dont les sonorités et le confort d’utilisation ont déjà séduit des milliers d’utilisateurs.

Au cours de sa carrière, Heckmann est rejoint par de talentueux personnages dans le domaine tel qu’Howard Scarr créateur de nombreux presets de Virus d’Access et programmeur de sonorités pour Hans Zimmer, connu notamment pour les musiques originales des excellents The Dark Night et Inception (Deux films seulement? Allez voir sa filmographie vous allez voir 😉 )

 

Compatibilité :

OS : Windows (XP, Vista, 7 et 8) / Mac (à partir d’OS 10.5), 32 et 64 bits
Formats  : AU, VST2 et AAX (à partir de Pro Tools 10).
Système : 1GB RAM (minimum) , 60MB d’espace disponible sur le disque dur, processeur multi-coeurs
Prix : 165 euros

(l’achat d’une licence permet l’installation sur toute vos machines sans limitations)

Le tour du propriétaire : 

Hive se démarque de beU-He Hiveaucoup d’autres synthé par son élégance et une ergonomie au poil. Une fois le VST lancé, on peut accéder aux deux sections de modulation et à l’affichage central qui passe de mode Arp & Seq à Effects. Tout le reste est immédiatement sous les yeux, et la souris (ou les contrôleurs, le MIDI Learn est toujours aussi simple et rapide, via la roue dentée placée en haut à droite de l’interface graphique).

Hive fonctionne offre jusqu’à 16 voix de polyphonie ce qui signifie que vous pouvez appuyer sur 16 touches à la fois ! Evidemment vous pouvez également passer en mode Monophonie ( 1 seule voix ) ou également en Legato ou Duo (priorité aux notes basses) . Le synthé est conçu en miroir, avec une double chaîne de production sonore. Chacune des parties dispose pour commencer d’un Oscillo (what else?). Celui-ci comporte une sélection parmi plusieurs formes d’ondes, les quatre de base, plus Pulse, Half et Narrow (deux rectangles fixes) et deux types de bruits (White et Pink). On trouve aussi les réglages d’accord habituels (grossier et fin), de démarrage de la Phase (aléatoire, forcé ou continu), d’Unison (jusqu’à 16 voix), d’un désaccordage et du Volume. Moins habituels, un Pan et son réglage de largeur (Width), un Vibrato constitué d’un LFO préassigné, commun aux deux oscillos et SubOscillos et dont le Rate et le Delay sont réglables dans le pavé dédié en bas à gauche (vitesse max 32 Hz, donc pas de FM possible) et un SubOscillateur, disposant d’autant de formes d’ondes que l’oscillo principal (avec possibilité de refléter la forme d’onde du principal), avec ses réglages d’accord par demi-tons et de Volume. La bonne nouvelle étant que l’onde Pulse peut être modulée (de façon statique via la fonction Constant, ou dynamique via un LFO ou autre modulateur, on y reviendra) et ce sur l’Oscillo principal comme sur le Sub. Autres subtilités, bien pratiques, un bouton Solo pour l’Oscillo et le SubOscillo et un menu proposant des réglages des oscillos correspondant à des formes d’onde typiques, instruments ou sons iconiques. Ce type de menu sera présent sur tous les modules, une façon très rapide de régler un générateur de forme dynamique (enveloppe) ou un LFO, par exemple.

Taillage en règle

Tout naturellement s’ensuit le Filtre. Multimode, multipente, il dépend aussi des trois options qu’a implémentées l’éditeur, Normal, Dirty et Clean, appelées par l’éditeur Synth Engine. Il s’agit de trois types de filtrage, mais qui ont aussi des répercussions sur le reste du synthé. Normal offre un filtre en cascade auto-oscillant doté d’une résonance non linéaire (typique du Moog). Dirty propose un type de filtre à diodes auto-oscillant (on aurait du mal à ne pas penser à celui du MS20). Clean montre enfin un filtre à variable d’état linéaire, sans saturation, donc le moins gourmand des trois.U-He Hive

On entend bien les différentes possibilités offertes par chaque Synth Engine, d’un filtrage subtil à de belles destructions soniques (le Synth Engine Clean sonne moins fort, sa résonance étant beaucoup plus violente que les autres). La construction du filtre permet de router de façon indépendante les deux sources de la chaîne, ainsi que celles de l’autre chaîne : en clair, l’Osc1 et le SubOsc1 peuvent rentrer dans le Filt1, mais tout aussi bien les Osc2 et SubOsc2. Et vice et versa. On comprend déjà la richesse timbrale harmonique pouvant en résulter. Autres raffinements, on dispose d’un gain d’entrée (idéal pour constater la différence de comportement des trois Modes), d’un Volume de sortie, d’un suivi de clavier (KeyTrack) progressif et du taux d’action des LFO et du générateur d’enveloppe Mod (on peut utiliser indifféremment ceux de la première ou de la deuxième chaîne audio). Profitons-en pour mentionner le bouton Link qui une fois activé répercute sur la chaîne 2 tous les réglages effectués sur la première, en prenant en compte les positions relatives des boutons. Dernière surprise, la sortie du filtre 1 peut être envoyée dans le filtre 2. Bien vu.

Mouvements très ordonnés

U-He HiveOn en termine avec les modules de base (le niveau global d’amplification est ajusté via un seul potard Output) avec le LFO offrant Phase, Rate, diverses possibilités de redémarrage ou non de la phase (Sync, Single, Gate ou Random), fonctionnement uni- ou bipolaire via le bouton « + », différentes valeurs de vitesse (en divisions rythmiques ou en durées) et huit formes d’onde. Du côté des générateurs de formes dynamiques, classiquement à quatre segments ADSR, l’un est assigné à l’ampli, l’autre d’abord au filtre (les deux se retrouvent aussi dans la matrice). Chacun dispose de son réglage de sensibilité à la vélocité. Ces deux générateurs sont très rapides, et l’on reproduit très facilement des beaux clics si appréciés sur les analos. Cerise sur legato, le mode de déclenchement des générateurs peut varier : Gate, One Shot, LFO1 ou LFO2 permettent ainsi de les utiliser de façon traditionnelle, ou de les faire redéclencher par un des LFO. Bravo.

Rappelons que tout ce qui vient d’être décrit est multiplié par deux.

Dernier générateur de mouvement, la matrice de modulation, accessible via les boutons MM1 et MM2 (non, pas MMA…). 12 slots en tout, chacun permettant de choisir une Source (modules internes, contrôleurs MIDI, fonctions), et deux destinations (principe repris de Zebra, on clique-tire la cible apparue jusqu’au choix), avec taux bipolaires, et possibilité de passer (Via) par un modulateur à choisir dans une liste identique à celle de Source. Chaque Slot bénéficie de son bouton Bypass et d’un menu de préassignations bien pratique.

On disait plus haut, simple, mais pas simpliste.

Section centraleU-He Hive

Au beau milieu du synthé, on trouve la section Effects, dans laquelle on pourra chaîner dans n’importe quel ordre jusqu’à sept effets (par activation/désactivation), à choisir entre distorsion, délai, chorus, phaser, EQ, réverbe et compresseur. La section peut être désactivée de façon globale. Les réglages des effets ont été volontairement réduits au strict minimum, mais pas à dire, ils sonnent très bien (on connaît le savoir-faire de l’éditeur en la matière), même si l’on pourra préférer utiliser une réverbe ou une disto séparées plus performantes. Mais disposer de tous ces effets en interne est déjà très utile, ce qui fera à nouveau regretter de ne pas disposer de version autonome (même si de nombreuses solutions d’hébergement très légères existent maintenant).

En cliquant sur ARP & SEQ, on affiche la section dédiée à ces deux outils. D’abord les réglages d’horloge, communs aux deux, avec la division rythmique (noire, croche, double et triple-croche), synchronisation au tempo de l’hôte, réglages Swing et Multiply (pour les notes pointées et en triolets). Ensuite l’arpégiateur offre les réglages de direction (tel que joué, up, down, combinaisons up/down et aléatoire), octaves (jusqu’à quatre), Frame (permettant de ralentir la lecture de l’arpégiateur) et Order (façon dont l’arpégiateur joue toutes les notes avant de passer à l’octave, quatre modes différents). Enfin Restart, excellente idée, permet de spécifier le nombre de notes jouées avant que l’arpégiateur ne recommence son cycle (paires et impaires, youpi, on peut s’amuser avec la polyrythmie). Encore un outil commun, donc, mais toujours avec le petit truc qui fait la différence…

Même chose du côté du Sequencer. On est au départ face à un classique pas à pas (jusqu’à 16), avec les réglages courants de Transposition et Velocity, les liaisons, blancs ou non (On, Tie, Rest), et trois réglages de forme, Attack, Decay et Gate, mais aussi face à un Modulator, qui ne jouera pas les notes, mais les informations CC renseignées dans la ligne prévue. Deux boutons Rotate permettent de décaler l’ensemble de la programmation afin de modifier le point de départ. Dynamic Velocity, quand il est activé, mélange vélocité du Sequencer et celle réellement jouée. Et petit luxe, à la manière de certaines anciennes bécanes, on peut rentrer les pas du Sequencer (en ce qui concerne les notes), directement depuis le clavier, hauteur et vélocité étant immédiatement reconnues et assignées.

Mais le son ?

U-He Hive

Plus on se balade dans le synthé, et plus on se rend compte des possibilités offertes, en se basant d’abord sur le son par défaut, pourtant assez commun (mais on aurait aussi tendance à oublier comment sonne un synthé analo brut, avec une simple forme d’onde). L’impression est vite confirmée dès que l’on commence à programmer ou à fouiller dans les présets, très nombreux, d’autant qu’u-he a fourni tout une banque de programmes conçus par les bêta-testeurs de Hive. Et l’éditeur nous fait une belle démonstration des possibilités de l’engin par fort effet de contraste. Quand on ouvre Hive, voici le son par défaut.

Mais étant « simple et rapide » ne signifie pas que la qualité du son été sacrifié !! Hive regorge de fonctions avec les dispositifs, les contrôles et la souplesse nécessaire pour offrir des sons superbes.

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